Triomphe de la mort

Auteur : Gabriele D’Annunzio (Auteur), Georges Hérelle (Traduction)

Asin : B07K5GJNZY

Présentation :Mais, justement à cette époque, George reçut de sa mère une lettre pleine de choses douloureuses, presque désespérée. Dès lors, il ne pouvait différer davantage son retour à la maison paternelle.
Lorsqu’il eut compris que, sans autre atermoiement, son devoir lui prescrivait d’accourir là où était la vraie douleur, il fut envahi d’une angoisse où le premier mouvement de piété filiale fut peu à peu vaincu par une irritation croissante dont l’âpreté augmentait à mesure que surgissaient dans sa conscience, plus claires et plus nombreuses, les images du conflit prochain.
Et cette irritation devint bientôt si acerbe qu’elle le domina tout entier, persistante, entretenue parles ennuis matériels du départ, par les déchirements des adieux.
La séparation fut cruelle plus que jamais. George traversait une période de sensibilité suraiguë ; l’exaspération de tous ses nerfs le tenait dans un état d’inquiétude continuelle. Il paraissait ne plus croire au bonheur promis, à l’apaisement futur. Quand Hippolyte lui dit adieu, il demanda :
— Nous reverrons-nous ?
Lorsque, au moment de passer la porte, il lui donna sur la bouche le dernier baiser, il remarqua qu’elle abaissait sur ce baiser une voilette noire ; et ce petit fait insignifiant lui causa un trouble profond, prit pour son imagination l’importance d’un sinistre présage.
Extrait.