Monadologie et sociologie

couverture

Auteur : Gabriel Tarde

Asin B07BSTCFDT

Présentation : G.Tarde a été redécouvert dans les années 1960 par Jean Milet, repris par le philosophe Gilles Deleuze qui a beaucoup contribué au regain d’intérêt actuel pour Tarde. D’autres penseurs, tels Peter Sloterdijk et Bruno Karsenti, revendiquent l’héritage de Tarde. En 2005, dans Changer de société. Refaire de la sociologie, Bruno Latour fait de l’auteur des Lois de l’imitation l’un des précurseurs de la théorie de l’acteur-réseau. Michel Maffesoli s’inspire également de ces « lois de l’imitation » pour forger son concept de « tribu ». Le principe de similitude développé par Tarde est au cœur de l’analyse maffesolienne.
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Tarde conçoit les individus comme un grand ensemble de reflets (il reprend l’idée des monades de Leibniz), c’est-à-dire que chacun voit ses semblables et en eux se retrouve lui-même. C’est un jeu de miroirs qui est au cœur de la vie en société. Constamment, on est juge et jugé, soi-même face aux autres et les autres face à nous. Chacun en vient naturellement à faire comme l’autre, pour que lui se reconnaisse en nous et inversement, pour que cette vie en société, en somme, soit cohérente et possible, devienne partage de points communs et non opposition de dissemblances – relation où même la tendance à l’opposition devient point commun : « Deux choses opposées, inverses, contraires, ont pour caractère propre de présenter une différence qui consiste dans leur similitude même, ou, si l’on aime mieux, de présenter une ressemblance qui consiste à différer le plus possible » (L’opposition universelle : essai d’une théorie des contraires, 1897). On comprend dès lors ce qui fait dire à Bruno Latour que Tarde est un précurseur de la théorie de l’acteur-réseau : maillon d’une chaîne sociale ininterrompue, l’individu trouve sa place dans la société à travers les relations d’influence qu’il tisse avec ses semblables.
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