Les origines du socialisme contemporain

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Auteur : Paul Janet

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Présentation : Il n’est pas facile de démêler, dans cet ensemble confus de faits et d’idées que l’on appelle la révolution française, la part de cet élément non moins confus que l’on appelle le socialisme. Il semble, dans les idées généralement admises, que le terme de « socialisme révolutionnaire » soit une sorte de pléonasme, que ce soient là deux mots pour une seule idée ; car on confond d’ordinaire l’esprit socialiste et l’esprit révolutionnaire. Ce n’est pourtant pas la même chose. 
On appelle socialisme toute doctrine qui professe qu’il appartient à l’état de corriger l’inégalité des richesses qui existe parmi les hommes et de rétablir légalement l’équilibre en prenant sur ceux qui ont trop pour donner à ceux qui n’ont pas assez, et cela d’une manière permanente et non dans tel ou tel cas particulier, une disette par exemple, une catastrophe publique, etc.

Quant au mot révolutionnaire, il a été défini par la convention elle-même lorsqu’elle a déclaré, par le décret du 19 vendémiaire an II, que « le gouvernement serait révolutionnaire jusqu’à la paix. » Elle entendait par là suspension des lois, dictature de salut public, dictature populaire. On voit combien ces deux idées diffèrent l’une de l’autre. Un gouvernement régulier peut prendre des mesures qui soient socialistes, et un gouvernement révolutionnaire. des mesures qui ne le soient pas. La taxe des pauvres en Angleterre est une institution socialiste, non révolutionnaire ; la loi des suspects était une loi révolutionnaire et non socialiste.
Les termes de la question ainsi expliqués, nous croyons que les faits démontrent que le socialisme, pendant la révolution française, n’a existé qu’à l’état diffus et, comme on dirait aujourd’hui, sporadique, mais qu’il ne s’est point condensé ni concentré dans une doctrine ni dans un parti, si ce n’est sous le directoire, lors du complot de Baibeuf, que nous étudierons séparément.
Extrait.