La mentalité primitive

couverture

Auteur : Lucien Lévy-Bruhl

Asin B074MMZJ91

Présentation : La thèse de Lévy-Bruhl a fait scandale et lui-même l’a rectifiée dans ses Carnets : le primitif n’a pas les mêmes habitudes mentales que celles de l’Occidental, il ne pense pas par concepts, l’esprit humain n’est pas partout le même (même s’il y a « identité fondamentale de tous les esprits humains : tous capables de raisonner, de parler, de compter, etc.). Lévy-Bruhl relève « deux caractères fondamentaux de la mentalité primitive, prélogique et mystique ».

Premièrement, la mentalité primitive est « prélogique ». Selon Lévy-Bruhl (Les fonctions mentales dans les sociétés inférieures), le primitif est insensible à la contradiction et à l’impossible, il n’a pas la notion de causalité. Il ne se fie pas à l’expérience sensible, il se réfère plutôt à des mythes. Depuis Aristote, la pensée logique repose sur le principe d’identité (A est A) et le principe de non contradiction (A n’est pas non-A). Or le primitif soutient qu’il est lui-même et un autre, par exemple lui et un animal, un totem, une trace qu’il laisse, sa maison, l’animal est aussi un homme. La logique distingue nettement la partie du tout, mais pas le primitif, qui considère que la partie vaut le tout : la tête vaut le corps. Pour le primitif, les notions de bi-présence (être ici et ailleurs) et de dualité-unité (être soi et autre chose) ne font pas problème. Il n’oppose pas nature et surnature. Il ne forme pas de concepts, idées générales et abstraites.

Deuxièmement, la mentalité primitive est « mystique », elle repose sur une « expérience mystique ». Lévy-Bruhl développe cette notion dans L’expérience mystique et les symboles chez les primitifs. L’expérience mystique en général est « un sentiment continu sans conscience claire de la présence d’êtres semblables à ceux dont parlent les mythes et les légendes ». Le primitif regarde la réalité avec un esprit mythique, il mélange une expérience semblable à la nôtre avec la croyance en une réalité invisible et insaisissable où règnent des esprits, des morts, des forces surnaturelles. Il a un but moins cognitif qu’affectif : il cherche la présence et l’action de puissances surnaturelles, plutôt que des causes physiques objectives. Il sent – il ne conceptualise pas – une sympathie entre les êtres, la « participation mystique ».

Source: fiche Wikipédia consultée le 5 août 2017.