Principes du socialisme: suivi de L’Anarchie littéraire

couverture

Auteur : Anatole Baju

Asin B07C345WTM

Présentation : Quelles sont donc ces fins, c’est-à-dire quel doit être le but de nos efforts ? Est-ce pour jouir ou pour souffrir que nous vivons ? Les prêtres et les philosophes officiels affirment que nous sommes nés pour les privations, pour les douleurs, et que nous devons nous résigner à notre triste sort. Nous nous permettrons d’exprimer ici une opinion différente : nous vivons pour l’entier développement de nos organes et de nos facultés intellectuelles, en un mot pour la satisfaction de tous nos besoins ; nous tendons à un état de bien-être absolu. Ce que nous devons réclamer pour l’heure présente, c’est un peu plus de bonheur, et ce que nous devons rechercher pour l’avenir, c’est le bonheur intégral.
En quoi consiste ce bonheur ? Est-ce dans la plénitude des jouissances matérielles ? Non, sans doute. Un égoïsme grossier serait le résultat d’une pareille conception de la vie. Chaque individu ayant en soi la mesure du plus grand bien s’isolerait de tous les autres. Il n’y aurait entre nous aucun courant de sympathie : le plaisir des sens localisé dans les organes ne se communique point. De plus, les appétits ont une limite ; ils traînent après eux la satiété et le dégoût. Une fois le ventre satisfait, la bête n’aspire plus à rien.
Il faut quelque chose de supérieur pour arracher les hommes à l’esclavage des sens et pour les maintenir en communion constante, un sentiment plus pur, moins égoïste, et dont l’intensité s’accroisse en raison de la culture intellectuelle : l’idéal de la perfection absolue.
A. Baju.